Statistiques sur le tourisme au niveau régional

De Statistics Explained

Données de mars 2014. Données plus récentes: Informations supplémentaires Eurostat, Principaux tableaux et Bases de données. Mise à jour prévue de l’article: juin 2015.

Le présent article fait partie d’un ensemble articles sur les statistiques basé sur l’Annuaire régional publié par Eurostat. Il présente les tendances régionales en matière de tourisme à travers l'Union européenne (UE). Son principal objet est le taux de fréquentation dans les établissements d’hébergement touristique, et il présente également des chiffres sur la capacité d’hébergement touristique.

La définition statistique du tourisme est plus large que la définition employée au quotidien, puisqu’elle englobe non seulement les voyages à titre privé, mais également les voyages d’affaires. Cette définition élargie est principalement due au fait que le tourisme est étudié du point de vue de l’économie, et les visiteurs en vacances présentent généralement à peu près le même profil de consommation que les visiteurs en voyage d’affaires (services de transport, d’hébergement et de restauration). Par conséquent, le fait que les clients soient des touristes en voyage privé ou des visiteurs en voyage d’affaires ne représente pour les prestataires de services touristiques qu’une information d’importance secondaire.

Le tourisme est un domaine intersectoriel: les services touristiques comprennent l’hébergement, la restauration (restaurants, cafés, etc.), le transport, sans oublier le large éventail d’infrastructures culturelles et de loisirs (théâtres, musées, parcs de loisirs, piscines, etc.). Dans de nombreuses régions orientées vers le tourisme, la demande émanant des touristes, qui s’ajoute à la demande de la population locale, profite aussi très largement au commerce de détail, au secteur des services ainsi qu’au secteur de la construction (pour en savoir plus, le lecteur est invité à consulter l’article sur les statistiques structurelles sur les entreprises).

Principaux résultats statistiques

Au cours des soixante dernières années, malgré certains à-coups, le tourisme a connu une croissance et une diversification presque continues, devenant l’un des secteurs économiques les plus importants et affichant la croissance la plus rapide du monde. Cette tendance s’est poursuivie au cours des dernières années, malgré la crise économique et financière mondiale, et le tourisme pourrait être l’un des principaux moteurs de la relance pour l’Union.

Selon l'Organisation mondiale du tourisme de l’ONU, les arrivées de touristes internationaux se sont élevées en 2012 — pour la première fois de l’histoire — à plus d’un milliard. L’Europe est restée en tête des régions les plus fréquemment visitées du monde, puisqu’elle représentait plus de la moitié des arrivées de touristes en 2012. La richesse des cultures européennes, la variété des paysages et la qualité de l’infrastructure touristique font probablement partie des raisons expliquant pourquoi les touristes choisissent de passer leurs vacances en Europe.

Carte 1: Nombre total de nuitées passées dans des établissements d’hébergement touristique, par région de niveau NUTS 2, 2012 (1)
(nuitées passées par des résidents et non-résidents) - Source: Eurostat (tour_occ_nin2)
Carte 2: Nombre de nuitées passées par des non-résidents dans des établissements d’hébergement touristique, par région de niveau NUTS 2, 2012 (1)
(en % du nombre total de nuitées passées par des résidents et non-résidents) - Source: Eurostat (tour_occ_nin2)

Nombre de nuitées

Le nombre de nuitées, qui reflète à la fois la durée du séjour et le nombre de visiteurs, est considéré comme un indicateur clé dans le contexte des statistiques sur l’hébergement touristique. En 2012, 2,58 milliards de nuitées ont été passées dans des établissements d’hébergement touristique qui comprennent les hôtels et hébergements similaires (groupe NACE 55.1), les hébergements touristiques et autres hébergements de courte durée (groupe NACE 55.2), et les terrains de camping et parcs pour caravanes ou véhicules de loisirs (groupe NACE 55.3) à travers l'UE-28.

Les touristes originaires de l’Union ont passé 1,45 milliard de nuitées dans des établissements d’hébergement touristiques en 2012, soit 56,1 % du total, et le nombre de nuitées passées par les non-résidents s’élevait à 1,13 milliard.

La carte 1 présente une ventilation par région du nombre total de nuitées (résidents et non-résidents confondus) dans des établissements d’hébergement touristique en 2012. La carte montre que l’activité touristique en Europe se concentre souvent dans les régions côtières, bien que les régions alpines et certaines villes connaissent également une forte demande.

Au total, 27 régions de l’Union (y compris l’Irlande, pour laquelle aucune analyse régionale n’est disponible) ont enregistré plus de 20 millions de nuitées dans les établissements d’hébergement touristique (zones les plus foncées sur la carte 1). Cette liste comprenait six régions d’Espagne et d’Italie, cinq de France, quatre d’Allemagne, deux d’Autriche et une de Grèce, de Croatie et du Royaume-Uni. Il est à noter que l’Irlande dans son ensemble a enregistré 28,9 millions de nuitées.

Le nombre de destinations touristiques populaires auprès des non-résidents était relativement limité...

Les résultats présentés sur la carte 1 peuvent être comparés à ceux de la carte 2, dont l’analyse porte sur la part relative de non-résidents dans le nombre total de nuitées passées dans des établissements d’hébergement touristique; la valeur moyenne de cet indicateur pour l’ensemble de l’UE-28 était de 43,9 % en 2012. Seules 65 régions NUTS 2 affichaient une part de non-résidents supérieure à la moyenne de l’UE-28, ce qui indique que les touristes étrangers fréquentaient un nombre relativement limité de destinations, tandis que d’autres régions sont surtout fréquentées par des voyageurs originaires du même pays. La part la plus importante de non-résidents dans le nombre total de nuitées passées par des touristes a été enregistrée sur l’île méditerranéenne de Malte (qui constitue une seule région à ce niveau d’analyse): les non-résidents y représentaient en effet 95,7 % du nombre total de nuitées passées dans la région en 2012. Huit autres régions enregistraient une part de non-résidents supérieure ou égale à 90,0 %, dont les îles Kriti et Notio Aigaio (Grèce), la région de Jadranska Hrvatska (Croatie), Chypre (qui constitue également une seule région à ce niveau d’analyse) et les Illes Balears (Espagne). Les trois autres régions étaient le Luxembourg (qui constitue une seule région à ce niveau d’analyse), Praha (la région abritant la capitale de la République tchèque) et le Tirol (dans les Alpes autrichiennes). Il est à noter que les résidents de Malte, de Chypre et du Luxembourg sont moins susceptibles de passer des vacances dans leur propre pays au vu de la petite taille de ces pays.

... bien que les touristes étrangers aient plus souvent visité les régions abritant la capitale que les touristes nationaux

Parmi les États membres multirégionaux, les nuitées passées par des visiteurs étrangers dans les régions de la capitale représentaient généralement la majorité de l’ensemble des nuitées passées dans des établissements d’hébergement touristique — les seules exceptions en 2012 étaient les régions abritant les capitales d’Allemagne, d’Espagne, de Pologne, de Finlande et de Suède. La ventilation par région n’est pas disponible pour l’Irlande.

Les régions de Mecklenburg-Vorpommern et de Cumbria étaient des exemples de régions touristiques populaires attirant principalement des visiteurs nationaux

À l’autre extrémité de l’échelle, 22 régions NUTS 2 affichaient une part de moins de 10 % du nombre total de nuitées passées dans des établissements d’hébergement touristique par des non-résidents (zones les plus claires sur la carte 2). Parmi ces régions présentant un niveau relativement faible d’«attractivité internationale», dix se trouvaient en Allemagne, quatre au Royaume-Uni, trois en Pologne, deux en Italie et en Roumanie, et une aux Pays-Bas. Il est à noter que les informations présentées concernent la part relative du nombre total de nuitées, sans indiquer le nombre total de nuitées; néanmoins, le nombre total de nuitées passées dans ces régions était en général relativement faible. Cependant, quelques régions étaient caractérisées par une «attractivité nationale» élevée — par exemple, la région peu peuplée de Mecklenburg-Vorpommern, sur la côte balte allemande, ou la région de Cumbria, qui comprend le Lake District, au Royaume-Uni. Au total, 24,8 millions de nuitées ont été passées dans des établissements d’hébergement touristique dans la région de Mecklenburg-Vorpommern en 2012, plaçant la région en 22e position dans toute l’Union, juste derrière l’Irlande; les non-résidents ne représentaient que 3,7 % du nombre total de nuitées passées en Mecklenburg-Vorpommern.

Graphique 1: Les 20 régions touristiques les plus importantes de l’Union en nombre de nuitées passées dans des établissements d’hébergement touristique, par région de niveau NUTS 2, 2012 (1)
(millions de nuitées passées par des résidents et non-résidents) - Source: Eurostat (tour_occ_nin2)

Régions touristiques les plus prisées

Les 20 régions touristiques les plus importantes (en nombre de nuitées passées par des résidents et des non-résidents) sont présentées sur le graphique 1, qui offre une analyse par type d’hébergement. Ces 20 régions représentaient collectivement plus d’un tiers (37,4 %) du nombre total de nuitées passées au sein de l’UE-28 en 2012.

Les îles espagnoles des Canarias affichaient le plus grand nombre de nuitées en 2012

La région espagnole insulaire des Canarias enregistrait le nombre de nuitées (87,5 millions) le plus élevé de toutes les régions NUTS 2 de l’Union en 2012, tandis que deux autres régions d’Espagne comptaient également parmi les cinq principales destinations touristiques: la Cataluña (69,7 millions de nuitées) et les Illes Balears (64,7 millions de nuitées). Les deux autres destinations de ce classement des cinq principales destinations étaient la région d’Île de France, qui abrite la capitale française (78,1 millions de nuitées) et la région italienne du Veneto (62,4 millions de nuitées), où se trouvent les villes de Padova, Venezia et Verona.

Outre les régions situées dans de grandes destinations de vacances en Espagne, en France et en Italie, les 20 principales régions touristiques comprenaient les régions suivantes: Jadranska Hrvatska (Croatie; 6e place), Inner London (Royaume-Uni; 10e place), Tirol (Autriche; 14e place) et Oberbayern (Allemagne; 17e place). Le nombre total de nuitées passées sur la côte adriatique de la Croatie et sur les îles de Jadranska Hrvatska s’est élevé à 59,9 millions en 2012. Cette année a été la meilleure de l’histoire du pays en matière de tourisme, et coïncidait avec les préparatifs en vue de l’adhésion de la Croatie à l’Union.

Les hôtels représentaient la part la plus importante des nuitées passées dans la plupart des destinations touristiques populaires...

Les hôtels et hébergements similaires représentaient plus de la moitié du nombre total de nuitées passées dans des établissements d’hébergement touristique dans 14 des 20 régions touristiques les plus populaires de l’Union en 2012. La région d’Île de France, qui abrite la capitale française, et les quatre régions espagnoles des Canarias, des Illes Balears, de Cataluña et d’Andalucía étaient les seules à enregistrer plus de 40 millions de nuitées dans des hôtels et hébergements similaires en 2012. Les hôtels et hébergements similaires étaient également le type d’hébergement le plus populaire dans la région du Veneto et dans la région française de Provence-Alpes-Côte d’Azur, bien que leur part dans le nombre total de nuitées ait été inférieure à 50 % dans ces deux régions.

La région de la capitale française a enregistré la proportion la plus élevée de nuitées passées dans des hôtels et hébergements similaires (87,4 % du nombre total de nuitées). Ce chiffre s’oppose à celui qui a été enregistré dans une autre région de France, le Languedoc-Roussillon (sur la côte méditerranéenne), où la part relative des hôtels et hébergements similaires n’était que de 22,1 %, soit la part la plus faible parmi les 20 principales régions touristiques.

... bien qu’en Aquitaine et dans le Languedoc-Roussillon, le plus grand nombre de nuitées passées par des touristes l’ont été sur des terrains de camping

En revanche, le Languedoc-Roussillon était la seule région parmi les 20 principales régions touristiques dans laquelle plus de la moitié des nuitées ont été passées sur des terrains de camping ou dans des parcs pour caravanes ou véhicules de loisirs (ci-après les «terrains de camping»); les seules autres régions NUTS 2 dans lesquelles les terrains de camping représentaient la majorité des nuitées étaient celles de Midtjylland, Syddanmark (toutes les deux situées au Danemark), Lincolnshire et East Yorkshire and Northern Lincolnshire (toutes les deux situées au Royaume-Uni).

L’Aquitaine (également une région française, située sur la côte atlantique) était la seule autre région parmi les 20 principales régions touristiques dans laquelle les terrains de camping représentaient le type d’hébergement le plus courant (sans toutefois représenter la majorité des nuitées). En termes absolus, l’Aquitaine et le Languedoc-Roussillon faisaient également partie des destinations les plus populaires pour le camping, puisqu’elles comptaient parmi les six régions dans lesquelles le nombre total de nuitées passées sur des terrains de camping était supérieur à 14 millions; les autres régions étaient celles de Jadranska Hrvatska, Veneto, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Cataluña. Prises ensemble, ces six régions représentaient 25,9 % de toutes les nuitées passées sur des terrains de camping dans l’UE-28 en 2012.

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Pleins feux sur les régions:


Jadranska Hrvatska (HR03), Croatie

Dubrovnik, Croatie
Dubrovnik est une ville située dans le sud de la Croatie, sur la côte adriatique; elle fait partie de la région de Jadranska Hrvatska, qui comprend également, entre autres, les destinations touristiques populaires de Split et Zadar sur le continent ainsi que les îles de Hvar et de Korčula.
La région de Jadranska Hrvatska était la sixième destination touristique la plus populaire de l’Union en 2012, avec 59,9 millions de nuitées.
© Photo: Edward Wexler
Graphique 2: Les 20 régions touristiques les plus importantes de l’Union pour les non-résidents, en nombre de nuitées passées dans des établissements d’hébergement touristique, par région de niveau NUTS 2, 2012 (1)
(millions de nuitées passées par des non-résidents) - Source: Eurostat (tour_occ_nin2)
Tableau 1: Régions touristiques les plus populaires, nombre de nuitées passées dans des établissements d’hébergement touristique, par région de niveau NUTS 2, 2012 (1) - Source: Eurostat (tour_occ_nin2)
Carte 3: Nombre de nuitées passées dans des établissements d’hébergement touristique, par région de niveau NUTS 2, 2012 (1)
(nuitées passées par des résidents et non-résidents par millier d’habitants) - Source: Eurostat (tour_occ_nin2)
Carte 4: Nombre de nuitées passées dans des établissements d’hébergement touristique, par région de niveau NUTS 2, 2012 (1)
(nuitées passées par des résidents et non-résidents par km2) - Source: Eurostat (tour_occ_nin2)
Graphique 3: Les 20 principales régions touristiques de l’Union, en nombre de nuitées passées dans les établissements d’hébergement touristique, par région de niveau NUTS 2, 2012 (1) - Source: Eurostat (tour_occ_nin2)

Les hébergements touristiques et autres hébergements de courte durée étaient populaires dans les régions de Rhône-Alpes et Jadranska Hrvatska

Les régions les plus populaires en matière de hébergements touristiques et autres hébergements de court durée (parmi les 20 principales destinations touristiques) étaient les régions des Canarias (30,2 millions de nuitées), de Jadranska Hrvatska (24,2 millions) et de Rhône-Alpes, dans le sud-est de la France (21,7 millions). Le chiffre relativement élevé enregistré dans cette dernière région peut s’expliquer, du moins en partie, par les locations de courte durée pendant la saison du ski en hiver et la saison des randonnées en été. Les 21,7 millions de nuitées passées dans les hébergements touristiques et autres hébergements de courte durée dans la région Rhône-Alpes représentaient 44,5 % du nombre total de nuitées dans la région, tous types d’hébergement touristique confondus, soit la part la plus importante parmi les 20 destinations touristiques les plus populaires de l’Union. La région croate de Jadranska Hrvatska était la seule autre région parmi les 20 principales régions touristiques dans laquelle les hébergements touristiques et autres hébergements de courte durée représentaient le type d’hébergement le plus populaire (40,4 % du nombre total de nuitées).

Le graphique 2 présente des informations similaires à celles du graphique 1, mais les données ne concernent que les nuitées passées par des touristes étrangers (non-résidents). Il est à noter que ces chiffres comprennent les personnes voyageant d’un État membre de l’Union vers un autre. Les 20 régions touristiques les plus visitées par les touristes non résidents en 2012 représentaient plus de la moitié (53,7 %) de l’ensemble des nuitées passées par des non-résidents dans toute l’UE 28. La liste des régions les plus visitées par des touristes étrangers comprend des régions de sept États membres différents: l’Espagne, l’Italie, la France, la Grèce, l’Autriche, le Royaume-Uni et la Croatie: la moitié de ces 20 régions étaient situées en Espagne ou en Italie (cinq régions dans chacun de ces pays).

Les touristes étrangers sont attirés par les plages et les villes côtières d’Espagne

Les destinations les plus prisées par les touristes étrangers comprenaient les trois régions espagnoles des Canarias, des Illes Balears et de Cataluña, ainsi que Jadranska Hrvatska, l’Île de France et le Veneto. Celles-ci étaient les seules régions ayant enregistré plus de 40 millions de nuitées passées par des touristes étrangers en 2012 (tous types d’hébergement confondus). Elles représentaient collectivement 28,1 % des nuitées passées par des touristes étrangers dans l’UE-28.

Les touristes étrangers avaient plus souvent tendance à préférer loger dans un hôtel

La majorité des nuitées passées dans 16 des 20 principales destinations visitées par les touristes étrangers l’ont été dans des hôtels et hébergements similaires. Cette catégorie d’hébergement représentait au moins 80 % des nuitées passées par des étrangers dans la région de Lazio (qui abrite la capitale italienne, Rome), les régions insulaires grecques de Notio Aigaio et Kriti, l’Île de France, les Illes Balears et le Tirol.

Près d’un tiers (31,6 %) des nuitées passées par des visiteurs étrangers en 2012 dans la région de Provence-Alpes-Côte d’Azur l’ont été sur des terrains de camping; il s’agissait de la part relative la plus élevée des 20 principales destinations touristiques. Cela signifie que les visiteurs étrangers semblent avoir moins tendance à utiliser les terrains de camping que les touristes nationaux.

Le tableau 1 indique pour chaque pays, en distinguant les résidents des non-résidents, les régions ayant enregistré le nombre le plus élevé de nuitées dans des établissements d’hébergement touristique en 2012. Comme nous l’avons vu, de nombreux touristes préfèrent visiter les régions côtières. C’est, par définition, le cas des dix États membres de l’Union dont toutes les régions NUTS 2 ont un littoral. En revanche, cinq États membres de l’Union n’ont pas de zone côtière.

Les visiteurs étrangers sont principalement attirés par les destinations côtières dans le sud de l’Europe et les régions abritant les capitales des États membres plus septentrionaux

Parmi les 13 États membres restants (qui ne sont ni enclavés, ni entièrement côtiers), la région la plus visitée était généralement différente selon qu’il s’agissait de visiteurs résidents ou non résidents, les seules exceptions étant la région côtière de la mer Noire de Yugoiztochen (Bulgarie), la côte Adriatique et les îles de Jadranska Hrvatska (Croatie), et la région côtière du nord-ouest de Zachodniopomorskie (Pologne). Parmi les résidents, la région la plus appréciée possédait une côte dans 11 des 13 autres États membres, les exceptions étant les Pays-Bas et la Slovénie. Parmi les non-résidents, la situation était légèrement plus équilibrée: les régions abritant les capitales de la Belgique, de l’Allemagne, de la France, de la Roumanie et du Royaume-Uni ont attiré plus de visiteurs étrangers que toute autre région (y compris les régions côtières). Cependant, dans les États membres du sud de l’Europe, les régions les plus populaires auprès des visiteurs étrangers étaient également les régions côtières.

Parmi les 10 États membres dans lesquels toutes les régions NUTS 2 possèdent une côte, seuls cinq pays comptaient plus d’une région (y compris l’Irlande, pour laquelle les données ne sont pas disponibles à l’échelle régionale). Parmi les quatre autres pays, on pouvait observer une fois de plus une division Nord-Sud: les touristes étrangers étaient en effet plus susceptibles de visiter les régions abritant les capitales danoise, finlandaise et suédoise, tandis qu’au Portugal, la destination préférée des non-résidents était l’Algarve.

Parmi les quatre États membres enclavés comptant plus d’une région (ce qui exclut donc le Luxembourg), les régions les plus prisées par les visiteurs étrangers étaient également les régions de la capitale en République tchèque, en Hongrie et en Slovaquie, tandis que les étrangers visitant l’Autriche ont passé plus de nuitées dans le Tirol que dans la région de Wien, la capitale du pays; cela peut, du moins en partie, s’expliquer par le fait que les vacances d’hiver ou d’été consacrées respectivement au ski ou à la randonnée durent souvent au moins une semaine, tandis que les séjours en ville sont souvent plus courts (pour des voyages d’affaires ou pour un week-end).

Pression du tourisme

Au sens large, le tourisme non contrôlé menace de diverses manières les zones naturelles comme les villes. L’augmentation du nombre de touristes dans les zones urbaines peut provoquer une augmentation des embouteillages et de la pollution ainsi que d’éventuels dégâts sur des édifices historiques; dans les régions rurales et côtières, elle peut entraîner une érosion des sols, une augmentation de la production de déchets, des rejets en mer, la disparition d’habitats naturels et une pression sur des espèces menacées. La pression du tourisme peut être mesurée à l’aide de différents indicateurs: l'intensité touristique désigne le rapport entre le nombre de nuitées et la population résidente. Cet indicateur donne une meilleure idée de l’importance économique du tourisme dans une région que le nombre absolu de nuitées; dans ce contexte, il peut servir pour l’analyse de la durabilité du tourisme.

L’intensité touristique dans les Illes Balears, dans la région de Notio Aigaio et dans la Provincia Autonoma di Bolzano/Bozen était plus de dix fois supérieure à la moyenne de l’Union

En 2012, le nombre moyen de nuitées passées par des touristes dans des établissements d’hébergement touristique au sein de l’UE-28 s’élevait à 5 074 par millier d’habitants. L’intensité touristique la plus élevée a été enregistrée dans la région espagnole des Illes Balears (59 082 nuitées par millier d’habitants), la région grecque de Notio Aigaio (58 087 nuitées par millier d’habitants) et la Provincia Autonoma di Bolzano/Bozen en Italie (57 448 nuitées par millier d’habitants). L’intensité touristique dans chacune de ces trois régions était plus de dix fois supérieure à la moyenne de l’Union. La carte 3 présente la répartition par région de l’intensité touristique en 2012: 34 régions NUTS 2 affichaient une intensité touristique supérieure ou égale à 10 000 nuitées par millier d’habitants (zones les plus foncées sur la carte); dans chacune de celles-ci, l’intensité touristique représentait au moins le double de la moyenne de l’UE-28.

Les taux d’intensité touristique les plus élevés étaient principalement concentrés dans les régions côtières populaires (souvent situées sur la côte méditerranéenne). Une intensité touristique relativement importante a également été enregistrée dans plusieurs régions des Alpes (par exemple la Provincia Autonoma di Bolzano/Bozen ou les régions du Tirol et de Salzburg), ce qui n’est sans doute pas surprenant étant donné que certaines de ces régions sont caractérisées par des niveaux relativement faibles de densité de population. Cette tendance a également été observée dans des régions plus au nord de l’Union, comme la plupart des régions des États membres nordiques ainsi que la région Highlands and Islands, en Écosse, qui affichaient une densité de population particulièrement faible; l’Islande se trouvait également dans la même situation.

La densité touristique régionale la plus élevée a été enregistrée dans la région d’Inner London

Un autre moyen d’analyser la pression du tourisme consiste à étudier le rapport entre le nombre total de nuitées et la superficie disponible pour accueillir les touristes, exprimé sous la forme d’un taux par kilomètre carré (km2). La carte 4 présente la densité touristique régionale, qui était concentrée dans les régions urbaines (qui offrent généralement une superficie bien moindre). La densité touristique était supérieure à 1 750 nuitées passées par des touristes (résidents et non-résidents) par km2 dans 53 régions de l’Union (zones les plus foncées sur la carte). Sur la base de cette mesure de la densité touristique, la région d’Inner London enregistrait la concentration de touristes de loin la plus élevée de l’UE-28 en 2012, avec 136 705 nuitées passées par des touristes par km2 (voir le graphique 3). Ce chiffre était près de quatre fois supérieur à celui de la deuxième région bu classement, la Région de Bruxelles-Capitale / Brussels Hoofdstedelijk Gewest (37 133 nuitées passées par des touristes par km2). Dix régions NUTS 2 de l’UE-28 ont enregistré un taux de densité touristique supérieur ou égal à 10 000 nuitées par des touristes par km2 en 2012. Outre les deux régions déjà évoquées, on trouvait parmi ces dix régions trois autres régions abritant une capitale — en Autriche, en Allemagne et en République tchèque —, les régions urbaines de Hamburg et d’Outer London, et les destinations insulaires populaires de Malta, des Illes Balears et des Canarias.

Le tourisme côtier, rural et urbain

La base juridique de la collecte de statistiques sur le tourisme ayant changé (voir Sources et disponibilité des données pour plus de détails), un nouvel ensemble d’informations est désormais disponible pour les statistiques concernant l’année de référence 2012 et les années suivantes. Les cartes 5 à 7 présentent des statistiques régionales sur le tourisme analysées en fonction de l’emplacement des établissements d’hébergement touristique (situés ou non dans des localités côtières) ou de la densité de population des régions (élevée ou faible). Pour chaque carte, le dénominateur est le nombre total de nuitées passées par des résidents et des non-résidents dans les établissements d’hébergement touristique de la région.

Environ 40 % de la population de l’Union vit à 50 km ou moins de la mer (en anglais). De nombreuses régions côtières d’Europe sont caractérisées par une importante activité de construction, étant donné qu’une part croissante de la population choisit de vivre près de la mer et que le tourisme de masse continue de se développer. Les régions côtières sont le terrain de nombreuses activités économiques, dont le transport maritime et les ports, la pêche, l’énergie et le tourisme côtier. Ces activités peuvent avoir de graves effets en matière de développement durable: par exemple, des habitats naturels peuvent être détruits, des espèces peuvent être menacées, et la pollution et l’érosion peuvent augmenter. Un aspect particulier du changement climatique qui rend les régions côtières particulièrement vulnérables est la probable augmentation du niveau de la mer au cours des années à venir.

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Pleins feux sur les régions:


Veneto (ITH3), Italie

Canal Grande, Venezia
Venezia et sa lagune sont inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO, et font partie de la région NUTS 2 du Veneto, en Italie. La popularité du Veneto en tant que destination touristique ne se limite pas à Venezia, mais concerne aussi les villes de Padova et de Verona, les rives orientales du lac de Garde et plusieurs stations balnéaires (par exemple Lido di Jesolo et Caorle).
Le Veneto était l’une des régions touristiques les plus populaires de l’Union en 2012, avec 62,4 millions de nuitées passées par des Italiens et des étrangers dans des établissements d’hébergement touristique. Cette région faisait partie des 20 principales destinations touristiques de l’Union, aux côtés de cinq autres régions d’Italie: Toscana, Emilia-Romagna, Lombardia, Lazio et Provincia Autonoma di Bolzano/Bozen.
© Photo: Hans Peter Schaefer
Carte 5: Nombre de nuitées passées dans des établissements d’hébergement touristique situés dans des localités côtières, par région de niveau NUTS 2, 2012
(en % du nombre total de nuitées passées par des résidents et non-résidents dans les établissements d’hébergement touristique de la région) - Source: Eurostat (tour_occ_nin2c)
Carte 6: Tourisme urbain — nombre de nuitées passées dans des établissements d’hébergement touristique situés dans des zones densément peuplées, par région de niveau NUTS 2, 2012
(en % du nombre total de nuitées passées par des résidents et non-résidents dans les établissements d’hébergement touristique de la région) - Source: Eurostat (tour_occ_nin2d)
Carte 7: Tourisme rural — nombre de nuitées passées dans des établissements d’hébergement touristique situés dans des zones peu densément peuplées, par région de niveau NUTS 2, 2012
(en % du nombre total de nuitées passées par des résidents et non-résidents dans les établissements d’hébergement touristique de la région) - Source: Eurostat (tour_occ_nin2d)
Carte 8: Nombre de places-lits dans les hôtels et hébergements similaires, par région de niveau NUTS 2, 2012 (1)
(milliers de places-lits) - Source: Eurostat (tour_cap_nuts2)
Carte 9: Taux net d’occupation des chambres d’hôtels et d’hébergements similaires, par région de niveau NUTS 2, 2012 (1)
(en %) - Source: Eurostat (tour_occ_anor2)
Graphique 4: Les 20 principales régions touristiques de l’Union, par taux d’occupation dans les hôtels et hébergements similaires, par région de niveau NUTS 2, 2012 (1) - Source: Eurostat (tour_occ_anor2)

L’attractivité des localités côtières en tant que destinations touristiques

La carte 5 montre, pour les régions côtières de niveau NUTS 2, la proportion de nuitées passées dans des établissements d’hébergement touristique dans des localités côtières. Dans 16 régions de l’UE-28, toutes les nuitées passées dans des établissements d’hébergement touristique l’ont été dans des localités côtières. Celles-ci étaient situées dans différentes régions: certaines étaient principalement urbaines, comme les régions de Bremen ou de Hamburg en Allemagne, d’autres étaient des destinations touristiques traditionnelles, comme les régions insulaires des Canarias et des Illes Balears ou Chypre et Malte (qui constituent chacune une seule région à ce niveau d’analyse), et d’autres encore étaient des destinations touristiques moins prisées, comme Åland (Finlande) ou East Yorkshire and Northern Lincolnshire (Royaume-Uni).

L’attractivité des localités côtières peut être perçue grâce aux inégalités observées dans la répartition des nuitées. Parmi les 119 régions NUTS 2 de l’Union pour lesquelles des données étaient disponibles en 2012 (aucune information n’était disponible pour l’Irlande ou la Grèce), près de quatre régions sur cinq indiquaient que les localités côtières représentaient la majorité des nuitées passées dans des établissements d’hébergement touristique. À l’autre extrémité de l’échelle, 15 régions affichaient une part de moins de 35 % du nombre total de nuitées passées dans des établissements d’hébergement touristique dans des localités côtières (zones les plus claires sur la carte 5). Il s’agissait souvent de régions possédant peu de côtes et de villes importantes à l’intérieur des terres, comme les régions de Picardie dans le nord de la France, Noord Brabant aux Pays-Bas, Warmińsko-Mazurskie en Pologne, ou Cheshire au Royaume-Uni.

Comme on pouvait s’y attendre, toutes les nuitées passées dans des établissements d’hébergement touristique de la région des capitales belge, tchèque, allemande et britannique l’ont été dans des zones densément peuplées

Un type d’analyse similaire est présenté sur la carte 6, qui indique la part du tourisme urbain dans le nombre total de nuitées passées dans des établissements d’hébergement touristique. Comme on peut s’y attendre, les destinations les plus populaires en matière de tourisme urbain sont les régions des capitales et les régions où se trouvent des villes relativement importantes. Dans 14 régions de l’Union, toutes les nuitées passées dans des établissements d’hébergement touristique l’ont été dans des zones densément peuplées en 2012, tout simplement parce que toutes les zones de ces régions étaient considérées comme densément peuplées. Parmi ces régions se trouvaient celles qui abritent les capitales de la Belgique, de la République tchèque, de l’Allemagne et du Royaume-Uni. En revanche, dans 13 régions de l’UE-28, aucune nuitée passée dans un établissement d’hébergement touristique ne l’a été dans une zone urbaine.

Le tourisme rural domine les nuitées passées dans les régions de Cumbria, Zeeland, Highlands and Islands et Prov. Luxembourg

La carte 7 présente d’autres informations sur la répartition par région du pourcentage de nuitées passées dans des zones peu densément peuplées. Dans la région de Cumbria (Royaume-Uni), les zones peu densément peuplées représentaient 96,9 % du nombre total de nuitées passées dans les établissements d’hébergement touristique de la région. Trois autres régions affichaient un pourcentage supérieur à 90 %: Zeeland (Pays-Bas), Highlands and Islands (Écosse) et Prov. Luxembourg (dans le sud de la Belgique).

Capacité d’hébergement

Selon les estimations, 544 700 établissements d’hébergement touristique offraient près de 30 millions de places-lits au sein de l’UE-28 en 2012. Un peu plus d’un tiers du nombre total d’établissements d’hébergement touristique de l’Union (36,8 %) étaient des hôtels et hébergements similaires, et offraient 6,4 millions de chambres et 13,1 millions de places-lits, soit une moyenne de 32 chambres et 65 places-lits par hôtel.

La carte 8 présente une analyse régionale du nombre total de places-lits dans les hôtels et hébergements similaires. Les zones les plus foncées de la carte indiquent les régions offrant au moins 70 000 places-lits; ces 47 régions NUTS 2 représentaient collectivement un peu plus de la moitié du nombre total de places-lits disponibles au sein de l’UE-28 en 2012. Ces régions offrant de nombreuses places-lits étaient souvent les régions qui enregistraient un nombre élevé de nuitées, ce qui n’étonnera personne, et elles étaient principalement concentrées dans les régions côtières et montagneuses ainsi que dans les régions des capitales.

Les régions des Illes Balears, de Cataluña et d’Andalucía offraient le plus grand nombre de places-lits

Le nombre de places-lits le plus élevé était enregistré dans la région des Illes Balears, suivie de deux autres régions d’Espagne, celles de Cataluña et d’Andalucía. Si l’on y ajoute l’Île de France et la région italienne d’Emilia-Romagna (où sont situées des stations balnéaires sur l’Adriatique comme Rimini, la chaîne montagneuse des Apennins et des centres urbains comme Bologna et Modena), ces cinq régions étaient les seules de l’Union à offrir plus de 300 000 places-lits.

S’il est vrai que le nombre total de places-lits présente un intérêt dans le contexte de la capacité des différentes régions à répondre à la demande touristique, les professionnels de ce secteur sont plus susceptibles de s’intéresser aux taux d’occupation nets, qui vont plus loin et indiquent de manière détaillée l’occupation des chambres sur toute une année. Les taux d’occupation peuvent être mesurés par rapport au nombre de chambres ou de places-lits; le taux par nombre de chambre est souvent la mesure privilégiée étant donné que les recettes d’une chambre double est souvent la même, que cette chambre soit occupée par une ou deux personnes.

Le taux d’occupation des hôtels et hébergements similaires peut varier en fonction des caractéristiques de chaque région. Les régions urbaines sont plus susceptibles d’être caractérisées par un nombre important de visiteurs dont les séjours ont tendance à être relativement courts, les voyages touristiques dans les villes étant souvent effectués tout au long de l’année. Les touristes visitant ces régions peuvent également voyager pour des raisons professionnelles, auquel cas la demande de chambres sera probablement répartie sur toute la semaine de travail, complétée par des voyages privés pendant les week-ends et les vacances. En revanche, les régions touristiques plus traditionnelles, où les touristes séjournent principalement à des fins de détente, enregistraient généralement des séjours nettement plus longs. La demande touristique de voyages vers ces régions se limite cependant souvent aux mois d’été (surtout pour les régions côtières), tandis qu’un pic de demande secondaire est enregistré pendant les mois d’hiver, ce phénomène étant particulièrement visible dans les régions alpines.

Le taux d’occupation des chambres le plus élevé était enregistré à Londres

La carte 9 présente une analyse régionale des taux d’occupation des chambres d’hôtels et d’hébergements similaires en 2012. Il est à noter que les données concernant l’Irlande et les Pays-Bas ne sont disponibles qu’à l’échelle nationale et qu’aucune information n’est disponible pour la Croatie et l’Autriche. Le taux d’occupation net le plus élevé a été enregistré à Londres, où 80,1 % des chambres étaient occupées en 2012. Il est à noter que les données concernant le Royaume-Uni ne sont disponibles que pour les régions NUTS 1.

Quatre autres régions NUTS 2 affichaient des taux d’occupation supérieurs à 70 %: deux d’entre elles étaient les régions abritant les capitales française et allemande, l’Île de France et Berlin, et les deux autres étaient les Illes Balears et les Canarias. Il est à noter que certains hôtels de ces régions peuvent fermer en basse saison, tandis que d’autres s’efforcent de maintenir des taux d’occupation élevés au moyen d’offres spéciales visant, par exemple, à encourager les retraités (les plus souvent originaires du nord de l’Europe) à rester plus longtemps en vacances pendant les mois d’hiver.

Le taux d’occupation des chambres d’hôtels et d’hébergements similaires s’élevait à au moins 60 % dans 22 autres régions en 2012 (zones les plus foncées sur la carte 9). Il s’agissait souvent de régions urbaines, dont relativement peu faisaient partie des destinations touristiques les plus prisées de l’Union, les principales exceptions étant la Provincia Autonoma di Bolzano/Bozen, la Cataluña, Chypre, Malte et l’Oberbayern.

Plus de la moitié des régions de l’Union affichaient des taux d’occupation inférieurs à 50,0 %

Plus de la moitié des régions NUTS 2 affichaient des taux d’occupation inférieurs à 50,0 % en 2012: c’était en effet le cas de 118 régions sur les 222 pour lesquelles des données sont disponibles. En bas du classement, 15 régions NUTS 2 de l’Union affichaient des taux d’occupation des chambres inférieurs à 30 % en 2012 (zones les plus claires sur la carte 9). Six de celles-ci étaient situées en Grèce — où il est probable que les effets persistants de la crise économique et financière aient en des conséquences sur la demande de voyages d’affaires et d’agrément —, tandis que d’autres se trouvaient dans le sud de l’Italie (notamment la destination touristique populaire qu’est la Sicile), deux en Bulgarie et en République tchèque, et une en Espagne et en Roumanie.

Dans les Illes Balears, le taux d’occupation des places-lits a atteint un sommet de 77,9 %

Le graphique 4 présente les 20 régions de l’Union affichant les taux d’occupation des hôtels et hébergements similaires les plus élevés en 2012; les données sont présentées par rapport aux places-lits et aux chambres. Neuf régions figurent dans les deux classements présentés dans le graphique 4: les régions de Berlin, d’Île de France et de London (NUTS 1), qui abritent la capitale de leurs pays, les régions côtières des Canarias, de Guadeloupe, des Illes Balears, de Chypre et de Malte (ces deux derniers pays constituant chacun une seule région à ce niveau d’analyse), et la région alpine de Provincia Autonoma di Bolzano/Bozen.

Sources et disponibilité des données

Base juridique

Un changement majeur de méthodologie a eu lieu concernant les statistiques régionales sur le tourisme. À partir de l’année de référence 2012, la base juridique de la collecte de statistiques sur le tourisme est un règlement du Parlement européen et du Conseil concernant les statistiques européennes sur le tourisme [(UE) n° 692/2011] et un règlement d’exécution de la Commission européenne [(UE) n° 1051/2011] concernant la structure des rapports sur la qualité et la transmission des données. Cette base juridique impose aux États membres de présenter régulièrement un ensemble de statistiques sur le tourisme comparables: des données sont collectées auprès de tous les États membres de l’Union, ainsi que des pays de l’AELE et des pays candidats. Des agrégats à l’échelle européenne (par exemple pour l’UE-28) sont calculés ou estimés lorsque des données d’une qualité suffisante sont disponibles.

Les statistiques régionales sur le tourisme, collectées au moyen de questionnaires remplis par les établissements d’hébergement, ne sont disponibles que pour les aspects liés à l’offre. Les informations collectées au niveau régional concernent la capacité d’hébergement (établissements, chambres et places-lits) et le taux d’occupation (nombre d’arrivées et de nuitées).

Ventilation à l’échelle régionale et infranationale

Le règlement (UE) no 692/2011 prévoit la collecte de statistiques régionales sur le tourisme au niveau NUTS 2; les statistiques sur le tourisme ne sont donc plus collectées au niveau NUTS 3 (à partir de 2012). Ce règlement a également introduit deux nouvelles analyses des statistiques infranationales en matière d’hébergement: par degré d’urbanisation (zones à densité de population faible, moyenne et élevée) et par localités côtières ou non côtières.

Les zones côtières sont définies sur la base de zones locales ou de municipalités, et sont situées au bord ou à proximité de la mer. Les zones côtières et non côtières sont classées en fonction de la distance entre la municipalité et la mer: si une municipalité est située au bord de la mer, elle est par définition côtière (et fait partie d’une région côtière); si une municipalité n’est pas située au bord de la mer mais que 50 % de sa superficie se trouve à une distance de 10 km ou moins de la mer, elle est également considérée comme une municipalité côtière. Toutes les autres municipalités sont non côtières.

Unités statistiques et classification des activités

Un établissement d’hébergement touristique est une unité d’activité locale, peu importe que l’hébergement de touristes soit son activité principale ou secondaire. Par conséquent, pour les statistiques sur le tourisme, tous les établissements offrant des services d’hébergement sont classés dans le secteur de l’hébergement, même si une partie majeure de leur chiffre d’affaires provient de services de restauration, de traiteur ou d’autres services.

Les établissements d’hébergement touristique sont définis en fonction de la NACE, une nomenclature des activités économiques. Ce sont des établissements offrant, contre rémunération, des services d’hébergement de courte durée ou pour des séjours courts. Les établissements d’hébergement touristique sont classés dans les groupes suivants:

  • groupe NACE 55.1, hôtels et hébergements similaires (cette classe comprend les services d’hébergement proposés par les hôtels, les hôtels de tourisme, les hôtels à appartements et les motels);
  • groupe NACE 55.2, hébergements touristiques et autres hébergements de courte durée (cette classe comprend les maisons de vacances pour enfants et autres, les appartements et pavillons de vacances, les maisons et cabanes de vacances sans service de nettoyage, les auberges de jeunesse et les refuges de montagne);
  • groupe NACE 55.3, terrains de camping et parcs pour caravanes ou véhicules de loisirs — également appelés terrains de camping de manière générale (cette classe comprend la mise à disposition d’hébergements sur des terrains de camping, des parcs pour caravanes, des camps de loisirs et des camps de chasse et de pêche pour des visiteurs de courte durée, la mise à disposition d’installations et d’espaces destinés aux véhicules de loisirs, et les abris et bivouacs permettant de planter une tente ou de poser des sacs de couchage).

Les établissements d’hébergement touristique sont parfois qualifiés d’hébergements à louer, qui s’opposent aux hébergements qui ne sont pas mis en locations, qui sont mis à disposition sans contrepartie (par exemple par des amis ou des membres de la famille), et à l’hébergement dans des maisons de vacances appartenant à leur occupant, y compris les propriétés à temps partagé.

Compte tenu des différences entre les définitions des unités statistiques en matière d’hébergement touristique entre les périodes de référence 2011 et 2012, il est possible qu’il existe des discontinuités dans les séries. Par conséquent, les informations régionales présentées dans le présent article sont limitées à la dernière période de référence, 2012, et aucune analyse des séries chronologiques n’est réalisée.

Résidents et non-résidents

Le tourisme interne comprend les activités des résidents d’un pays donné voyageant et séjournant dans leur propre pays, mais en dehors de leur environnement habituel. Ces informations peuvent être comparées à des informations similaires concernant les touristes étrangers (souvent appelés non-résidents).

Une personne est considérée comme résident d’un pays (ou lieu) donné si elle a vécu dans ce pays (ou lieu) pendant la majeure partie des 12 derniers mois, ou si elle a vécu dans ce pays (ou lieu) pendant une période plus courte et a l’intention de retourner vivre dans ce pays (ou lieu) dans les 12 prochains mois. Les touristes non résidents, ou internationaux, sont classés en fonction de leur pays de résidence, et non selon de leur nationalité. Les citoyens résidant à l’étranger qui rentrent dans leur pays d’origine pour une visite temporaire sont comptabilisés parmi les visiteurs non résidents.

Définitions des indicateurs

Une nuitée correspond à chaque nuit qu’un touriste passe (dort ou séjourne) réellement dans un établissement d’hébergement touristique ou un hébergement non loué. Les nuitées peuvent être analysées en fonction du pays de résidence des touristes. Normalement, la date d’arrivée est différente de celle du départ; toutefois, les personnes arrivant après minuit et quittant l’établissement le même jour sont prises en compte pour le calcul des nuitées.

Une chambre est une unité composée d’une pièce ou d’un ensemble de pièces constituant un ensemble de location indivisible dans un établissement d’hébergement. Les chambres peuvent être simples, doubles ou multiples, selon qu’elles sont équipées en permanence pour accueillir une, deux ou plusieurs personnes. Le nombre de chambres est le nombre de celles dont dispose habituellement l’établissement pour loger ses clients, à l’exclusion des chambres occupées par le personnel de l’établissement; les salles de bains et les toilettes ne sont pas considérées comme des chambres. Un appartement constitue un type spécial de chambre. Il se compose d’une ou de plusieurs chambres, d’un coin-cuisine et d’un cabinet de toilette individuel. Il est loué avec (hôtels-appartements) ou sans services hôteliers.

Le nombre de places-lits dans un établissement ou logement est déterminé par le nombre de personnes qui peuvent passer la nuit dans les lits installés dans l’établissement (ou logement), sans compter les lits qui peuvent être ajoutés à la demande du client. Le terme «place-lit» s’applique à un lit simple, les lits de deux personnes comptant pour deux places-lits. Cette unité sert à mesurer la capacité de tous les types d’hébergement. Si le nombre réel de places-lits est inconnu, un emplacement de camping équivaut à quatre places-lits.

Le taux d’occupation net des chambre est obtenu en divisant le nombre total de chambres utilisées au cours de la période de référence (c’est-à-dire la somme du nombre de chambres utilisées par jour) par le nombre total de chambres disponibles au cours de la période de référence (c’est-à-dire la somme du nombre de chambres disponibles par jour). Le taux d’occupation net par places-lits est obtenu en divisant le total de nuitées par le nombre de places-lits disponibles (hors lits supplémentaires) durant les jours où les lits sont effectivement disponibles (c’est-à-dire sans compter les fermetures saisonnières ou d’autres fermetures temporaires, par exemple à des fins de redécoration). Les résultats obtenus sont multipliés par 100 pour exprimer ces taux en pourcentage.

Contexte

Le tourisme peut jouer un rôle considérable dans le développement des régions européennes, contribuant à l’emploi et à la création de richesses, au développement durable, au renforcement du patrimoine culturel et au façonnage d’une identité européenne. L’infrastructure mise en place à des fins touristiques peut contribuer de manière plus générale au développement économique local et les emplois créés (ou maintenus) peuvent aider à lutter contre le déclin industriel ou rural.

Le tourisme peut être particulièrement important dans les régions reculées ou périphériques, où les services liés au tourisme comptent souvent parmi les principales sources de revenus pour la population locale. C’est particulièrement vrai dans de nombreux États et régions insulaires d’Europe, ainsi que dans les régions côtières et alpines. L’augmentation de la demande de services liés au tourisme dans les régions éloignées profite principalement aux petites et moyennes entreprises (PME).

Politique touristique

Le traité de Lisbonne reconnait l’importance du tourisme et définit une compétence spécifique de l’Union dans ce domaine afin de soutenir, de coordonner et de compléter l’action des États membres ainsi que d’encourager la création d’un environnement favorable au développement des entreprises dans ce secteur, le tourisme étant couvert pas une série de politiques régionales, nationales et européennes. Le tourisme influe sur de nombreux domaines d’action, dont la politique régionale, la diversification des économies rurales, la politique maritime, la durabilité et la compétitivité, la politique sociale et l’inclusion (tourisme pour tous).

Une communication de la Commission européenne (CE) intitulée «L’Europe, première destination touristique au monde — un nouveau cadre politique pour le tourisme européen» [COM(2010) 352] a été adoptée en juin 2010. Elle encourage une approche coordonnée des initiatives liées au tourisme et définit un nouveau cadre d’action pour renforcer sa compétitivité et sa capacité à croître de façon durable. Quatre domaines d’action prioritaires ont été définis: stimuler la compétitivité; promouvoir un tourisme durable et responsable; consolider l’image de l’Europe comme un ensemble de destinations durables et de qualité; et maximiser le potentiel des politiques et instruments financiers de l’Union pour le développement du tourisme.

La compétitivité du tourisme dans l’Union est étroitement liée à son caractère durable, puisque la qualité des destinations touristiques dépend fortement de leur environnement naturel et culturel et de leur intégration dans une communauté locale. Le tourisme durable suppose la préservation et l’amélioration du patrimoine culturel et naturel, qui comprend l’art , la gastronomie locale et la préservation de la biodiversité. Les grands défis du tourisme durable sont, notamment: la protection des ressources naturelles et culturelles; la limitation des incidences négatives dans les destinations touristiques, y compris l’utilisation des ressources naturelles et la production de déchets; la promotion du bien-être de la communauté locale; la réduction du caractère saisonnier de la demande; la limitation des incidences sur l’environnement des transports liés au tourisme; et l’accessibilité du tourisme à tous. De nombreux produits et services thématiques durables et transnationaux mis au point dans le secteur du tourisme peuvent contribuer à la croissance du tourisme (par exemple, parcours culturels traversant plusieurs pays, pistes cyclables, écotourisme, tourisme œnogastronomique, sites naturels protégés ou tourisme basé sur le patrimoine industriel).

Le tourisme côtier et maritime représente la principale activité maritime en Europe et est étroitement lié à d’autres secteurs de l’économie. Il emploie près de 3,2 millions de personnes, et près de la moitié des nuitées passées dans des établissements d’hébergement de l’Union le sont dans des localités côtières. Dans une communication sur le tourisme maritime et côtier intitulée «Une stratégie européenne pour plus de croissance et d’emploi dans le tourisme côtier et maritime» [COM(2014) 86], la Commission européenne offre une réflexion sur la diversité des régions côtières de l’Union et leur capacité à créer des richesses et de l’emploi, conformément à la stratégie de «croissance bleue» [COM(2012) 494] de l’Union. En vue d’aider les petites et moyennes entreprises à relever différents types de défis, à surmonter les difficultés transfrontalières au sein de l’Union et à favoriser la coopération et le partage de bonnes pratiques, la communication susmentionnée propose la création d’un cadre européen commun incluant une série d’initiatives telles que la stimulation des performances et de la compétitivité; la promotion des compétences et de l’innovation; le renforcement de la durabilité; et la maximisation des fonds de l’Union disponibles.

La poursuite de la mondialisation du tourisme ouvre de nouvelles possibilités, les touristes issus de nouveaux marchés pouvant s’offrir des vacances coûteuses: la Commission européenne a mis l’accent sur la promotion de la diversification de l'offre touristique européenne grâce, notamment, au développement et à la promotion des produits touristiques thématiques transnationaux, ainsi qu’au développement et au renforcement de la visibilité des parcours culturels européens et des petites destinations touristiques non traditionnelles qui soutiennent la durabilité sociale, culturelle et environnementale, grâce à l’initiative «Destinations européennes d’excellence (EDEN)». Par ailleurs, afin de maintenir et de renforcer la position de l’Union en tant que grande destination touristique à l’échelle mondiale, dans un monde de plus en plus compétitif, la Commission européenne a déployé un large éventail d'activités de communication et de promotion (en anglais) et travaille en étroite coopération avec la Commission européenne du tourisme (CET) — une organisation représentant les organisations nationales du secteur du tourisme de 33 pays européens — afin de promouvoir l’Europe sur les grands marchés du tourisme longue distance.


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Tourisme — financement au titre de la politique de cohésion

Les fonds structurels et de cohésion offrent un soutien essentiel pour améliorer la compétitivité et la qualité du tourisme au niveau régional et local, et considèrent le tourisme comme un outil important pour l’intégration des régions moins développées.

La politique de cohésion de l’Union pour 2007–2013 avait pour objectif de mobiliser le tourisme pour un développement régional durable et la création d’emplois. Durant cette période, le soutien ciblé au tourisme apporté par l’Union au titre de la politique de cohésion devait dépasser 6 milliards d’euros, soit 1,8 % du budget total de la politique de cohésion. Sur ce montant, 3,8 milliards d’euros ont été consacrés à l’amélioration des services touristiques, 1,4 milliard à la protection et au développement du patrimoine naturel, et 1,1 milliard d’euros à la promotion des ressources naturelles.

Pour en savoir plus: Politique de cohésion et tourisme; Guidance for tourism-related investments 2014–20 under the European Structural and Investment Funds and, in particular, the European Regional Development Fund (ERDF) (en anglais)


Voir aussi

Informations supplémentaires Eurostat

Publications

Principaux tableaux

Statistiques régionales du tourisme (t_reg_tour)

Base de données

Statistiques régionales du tourisme (reg_tour)
Fréquentation des établissements d’hébergement collectif: tourisme interne et récepteur (reg_tour_occ)
Capacité de l’hébergement touristique collectif: établissements, chambres et places-lits (reg_tour_cap)
Données annuelles sur l’industrie touristique (inda)
Occupation des établissements d’hébergement touristique (t_tour_occ)
Nuits passées par les résidents et les non-résidents (tour_occ_n)
Arrivées de résidents et de non-résidents (tour_occ_a)
Taux d’occupation des hôtels et hébergements similaires (tour_occ_or)
Capacité des établissements d’hébergement touristique collectif (tour_cap)

Section dédiée

Méthodologie / Métadonnées

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